La rentrée au travail : 7 signaux faibles à ne pas laisser passer

La rentrée est l’occasion de retrouver son rythme, mais aussi d’observer les petits changements dans l’organisation du travail. Découvrez 7 signaux faibles à ne pas laisser passer pour mieux prévenir les risques psychosociaux.

Caroline Wolff HSEWolff

9/2/20264 min read

rentrée HSEWolff
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La rentrée au travail : 7 signaux faibles à ne pas laisser passer

Septembre marque souvent une nouvelle étape dans l’entreprise : retour de congés, reprise du rythme habituel, nouveaux projets, objectifs à atteindre, réorganisation parfois…

La rentrée est généralement associée à une nouvelle dynamique. Mais elle peut aussi être un moment où certaines difficultés deviennent plus visibles.

Sans attendre qu’une situation se dégrade, il est possible d’être attentif à quelques signaux faibles, ces petits changements qui, pris isolément, peuvent sembler anodins mais qui, lorsqu’ils se répètent ou s’accumulent, méritent d’être regardés de plus près.

1. Une irritabilité inhabituelle

Un collègue habituellement calme devient plus facilement agacé. Les échanges se tendent. Les petites contrariétés prennent davantage de place.

Un épisode ponctuel n’est évidemment pas un indicateur de RPS. En revanche, lorsque l’irritabilité devient fréquente dans une équipe, elle peut traduire une charge de travail importante, des tensions relationnelles ou un manque de récupération.

2. Les erreurs et les oublis se multiplient

Une erreur occasionnelle fait partie de la vie professionnelle.

Mais lorsque les oublis, erreurs, retards ou difficultés de concentration augmentent, il peut être intéressant de s’interroger sur ce qui se passe derrière ces situations.

Surcharge de travail, interruptions permanentes, manque de clarté dans les priorités, fatigue… plusieurs facteurs organisationnels peuvent affecter les capacités d’attention.

3. Les échanges changent

Moins de discussions informelles, davantage de mails pour des sujets qui étaient auparavant réglés oralement, réunions plus tendues, personnes qui ne prennent plus la parole…

Le fonctionnement collectif peut évoluer progressivement sans que personne ne mette réellement de mots dessus.

Observer ces changements permet parfois d'identifier une difficulté avant qu'elle ne devienne un véritable problème.

4. Les salariés ne demandent plus d’aide

C'est un signal particulièrement intéressant.

On pourrait penser qu'un salarié en difficulté va naturellement demander du soutien. Ce n'est pas toujours le cas.

Certaines personnes préfèrent « tenir », ne veulent pas déranger ou craignent d'être perçues comme incapables de faire face.

Un fonctionnement dans lequel chacun cherche à gérer seul ses difficultés n'est donc pas nécessairement synonyme d'autonomie.

5. L'absentéisme ou le turnover évoluent

Une augmentation des absences, des arrêts courts répétés ou des départs peut avoir de multiples causes.

Ce n'est pas une preuve de RPS.

Mais ce sont des indicateurs qui méritent d'être croisés avec d'autres données : charge de travail, changements organisationnels, relations managériales, horaires, difficultés rencontrées par les équipes…

L'intérêt n'est pas de chercher un responsable, mais de comprendre ce qui se passe.

6. Le « mode urgence » devient la norme

Tout est prioritaire.

Les délais se raccourcissent. Les réunions s'enchaînent. Les interruptions se multiplient. Les équipes compensent en permanence les imprévus.

Lorsque l'urgence devient le fonctionnement habituel, elle peut progressivement épuiser les ressources disponibles.

Une organisation performante n'est pas nécessairement celle qui travaille constamment dans l'urgence. C'est aussi celle qui permet de distinguer ce qui est réellement prioritaire de ce qui peut attendre.

7. Retrouver son rythme après la pause

La rentrée demande souvent quelques jours pour retrouver ses repères : reprendre les dossiers, retrouver ses collègues, réorganiser ses priorités et se remettre dans le rythme.

Cette période peut être l’occasion de regarder ce qui fonctionne bien… et ce qui pourrait être amélioré.

Les premiers jours peuvent notamment permettre de vérifier que les priorités sont claires, que chacun sait ce qui est attendu et que les moyens disponibles correspondent aux objectifs fixés.

Une bonne reprise, c’est avant tout un rythme de travail qui permet d’être efficace dans la durée. C’est aussi retrouver progressivement un rythme efficace et collectif.

La rentrée : un bon moment pour faire le point

La prévention des risques psychosociaux ne consiste pas à attendre qu'une personne aille mal pour agir.

Elle consiste aussi à observer le travail réel, à écouter les équipes et à repérer les évolutions de l'organisation.

La rentrée peut justement être un moment intéressant pour prendre un peu de recul :

  • Les priorités sont-elles toujours claires ?

  • La charge de travail est-elle compatible avec les ressources disponibles ?

  • Les équipes disposent-elles de marges de manœuvre suffisantes ?

  • Les managers ont-ils eux-mêmes les moyens d'exercer leur rôle ?

  • Les changements intervenus ces derniers mois ont-ils été accompagnés ?

  • Les difficultés rencontrées avant l'été ont-elles été traitées ?

Prévenir, ce n'est pas dramatiser

Parler de santé mentale au travail et de risques psychosociaux ne signifie pas que l'entreprise va mal.

C'est au contraire reconnaître que les conditions dans lesquelles nous travaillons ont une influence sur notre santé, notre engagement et notre capacité à bien faire notre travail.

La prévention commence souvent par quelque chose de très simple : regarder ce qui se passe réellement dans l'entreprise, avant que les signaux faibles ne deviennent des signaux d'alerte.

Et si cette rentrée était l'occasion de ne pas seulement reprendre le travail… mais de regarder comment nous allons le faire ?

HSEWolff accompagne les entreprises dans leurs démarches de prévention des risques professionnels et des risques psychosociaux, de l'évaluation des situations de travail à la mise en place d'actions de prévention adaptées.